Les plaisirs coupables n’existent pas
Il y a des plaisirs et puis il y aurait… les plaisirs coupables.
Ceux qu’on consomme à moitié. En se justifiant, en rigolant nerveusement, en ajoutant un “c’est mal, mais bon…” comme une petite pénitence verbale.
Spoiler :
Le plaisir n’a rien demandé, c’est la culpabilité qu’on lui a collée dessus.
Coupable de quoi, exactement ?
D’aimer ce qui ne fait pas très intelligent ? D’apprécier ce qui n’est pas validé par l’élite culturelle ? De se faire du bien sans que ce soit productif, sain, rentable ou spirituel ?
On a transformé le plaisir en terrain moral. Comme s’il fallait le mériter, comme s’il devait être utile ou au minimum respectable.
Résultat : on jouit moins, on savoure mal, on s’excuse trop.
Le plaisir doit-il forcément être justifié ?
On a inventé des alibis :
- “Ça me détend.”
- “C’est mon petit moment à moi.”
- “J’ai eu une journée difficile.”
Comme si le plaisir devait être la compensation d’une souffrance préalable.
Newsflash : le plaisir peut exister sans raison. Il n’est pas là pour réparer, il est là parce que ça fait du bien. Point.

Derrière la culpabilité, toujours le même contrôle
Les plaisirs deviennent “coupables” quand ils échappent au cadre :
- trop frivoles
- trop sensuels
- trop futiles
- trop personnels
Et sans surprise, ce sont souvent les plaisirs féminins qui héritent de cette étiquette.
Aimer manger, aimer s’habiller, aimer se faire plaisir sans justification intellectuelle, toujours suspect.
Je vous conseille la lecture de l’article de LAPRESSE.CA « coupables d’avoir du plaisir »
Se faire plaisir sans s’excuser : un acte plus politique qu’il n’y paraît
Refuser la culpabilité, ce n’est pas être inconsciente, c’est refuser de vivre sous surveillance permanente.
C’est dire :
- je n’ai pas à rentabiliser chaque envie
- je n’ai pas à moraliser ce qui me fait du bien
- je n’ai pas à me juger avant même d’avoir ressenti
Le plaisir n’est pas un défaut de caractère, c’est une expérience humaine basique.
Conclusion : ce n’est pas le plaisir qui est coupable, c’est le regard qu’on pose dessus
Les plaisirs coupables n’existent pas, il n’y a que des plaisirs qu’on nous a appris à juger.
Alors autant arrêter de s’auto-flageller pour des choses qui ne font de mal à personne. Autant savourer sans commentaire intérieur désobligeant. Autant reprendre le plaisir là où il a toujours dû être :
dans le corps, dans l’instant, sans tribunal intérieur.
Et franchement ?
C’est déjà largement suffisant.